Ils ont choisi leur camp : Dans les territoires de l'est de la RDC, ils sont des milliers de jeunes, d'anciens combattants et de villageois à avoir rejoint le mouvement Wazalendo. Leur nom, en swahili, signifie "patriotes". Leur objectif : défendre leur sol contre l'agression des groupes rebelles, en premier lieu le M23 soutenu par le Rwanda.
Qui sont les Wazalendo ?
Le mouvement Wazalendo rassemble diverses milices d'autodéfense et groupes armés locaux qui ont décidé de faire allégeance aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Loin d'être une organisation monolithique, on y trouve d'anciens combattants des rébellions passées (CNDP, PARECO), des jeunes ruraux mobilisés pour protéger leurs villages, et des groupes communautaires qui existent depuis des décennies pour assurer la sécurité locale.
Ce qui les unit, c'est un patriotisme farouche et le refus de voir leur terre pillée et occupée par des forces étrangères. Pour beaucoup de Congolais, ils incarnent la résistance légitime face à une agression que Kinshasa qualifie d'invasion. Leur engagement a été officialisé par un accord-cadre avec le gouvernement, les intégrant de facto dans l'effort de guerre national.
Un élan patriotique spontané
Le réveil du M23 fin 2021 a provoqué une onde de choc. Face à l'avancée des rebelles, des groupes d'autodéfense se sont structurés, souvent avec les moyens du bord. "Nous en avons assez de fuir, assez de voir nos sœurs violées, nos champs brûlés", témoigne un chef local Wazalendo dans une vidéo devenue virale. "Nous préférons mourir debout que vivre à genoux."
Cet élan a été encouragé par les autorités et une partie de la société civile, qui y voyaient un complément indispensable aux forces régulières sur un terrain immense et difficile. Leur connaissance intime du territoire, des sentiers et des populations est un atout tactique majeur que les FARDC ont su exploiter.
Leur rôle sur le terrain
Les Wazalendo ne se substituent pas à l'armée, ils agissent en synergie avec elle. Ils participent à :
- La reconnaissance et le renseignement : Leur présence dans les villages permet de détecter les mouvements ennemis.
- La sécurisation des axes et des zones rurales : Là où l'armée ne peut être partout, ils offrent une protection aux populations.
- Les opérations conjointes : Ils ont pris part à des offensives majeures pour reprendre des localités tenues par le M23, comme récemment dans la région de Rubaya.
Leur motivation est souvent plus élevée que celle d'un soldat classique, car ils défendent directement leurs propres familles et leurs propres collines. "Quand on se bat chez soi, on se bat deux fois plus fort", résume un commandant de secteur.
Un encadrement nécessaire
Le gouvernement et le haut commandement militaire sont conscients des défis que pose l'intégration de forces auxiliaires. Des efforts sont faits pour les encadrer, leur inculquer les règles d'engagement et les lois de la guerre, afin d'éviter les dérives. L'objectif est de canaliser cette énergie patriotique dans un cadre républicain, respectueux des populations civiles.
Malgré quelques incidents isolés, leur bilan global est salué par de nombreux observateurs militaires. Leur présence a redonné espoir à des communautés longtemps abandonnées à leur sort. Dans les zones libérées, ce sont souvent les premiers à revenir pour aider à la reconstruction.
"Les Wazalendo sont le prolongement du peuple congolais en armes. Ils nous aident à traquer l'ennemi jusque dans ses derniers retranchements. Leur courage est exemplaire."
— Un officier des FARDC sur le terrain
Un symbole de résilience
Au-delà de leur rôle militaire, les Wazalendo sont devenus un symbole puissant de la résistance nationale. Des chansons, des poèmes et des œuvres d'art célèbrent leur bravoure. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #Wazalendo est utilisé par des milliers de Congolais pour soutenir les troupes et exprimer leur fierté patriotique.
Ils rappellent que la défense de la patrie n'est pas l'affaire des seuls soldats professionnels, mais de tous les citoyens prêts à se lever. Dans un conflit complexe où les intérêts étrangers sont nombreux, ils incarnent une voix purement congolaise : celle de la survie et de la dignité.