Événement majeur : Dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 février 2026, le porte-parole militaire du M23, Willy Ngoma, a été tué lors d'une frappe de drone menée par l'armée congolaise (FARDC) près de la cité minière de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu .
Qui était Willy Ngoma ?
Willy Ngoma était l'une des figures les plus médiatiques et influentes du conflit dans l'est de la République démocratique du Congo. Originaire du Nord-Kivu, il était initialement membre des Forces armées de la RDC (FARDC) avant de rejoindre la rébellion du M23, où il a cultivé une image d'homme de terrain, souvent filmé avec un casque et une kalachnikov en bandoulière .
Depuis 2021, il a multiplié les apparitions sur les réseaux sociaux et dans les médias, devenant le visage de la communication militaire du Mouvement du 23 mars, puis de l'Alliance Fleuve Congo (AFC/M23). Son ton martial et volontiers provocateur le rendait reconnaissable entre tous .
Un cadre sous sanctions internationales
Willy Ngoma n'était pas seulement un communicant. Selon plusieurs rapports de l'ONU, il était un cadre militaire influent, codécidant des opérations et de la stratégie du mouvement armé . Il était tenu pour coresponsable de graves exactions attribuées au M23 : meurtres, enlèvements, violences sexuelles, pillages, recrutement d'enfants-soldats et exploitation illégale des ressources minières .
Il était sous le coup de multiples sanctions internationales :
- Union européenne : inscrit sur la liste des sanctions dès décembre 2022 pour "graves violations des droits de l'homme" .
- États-Unis : sanctionné en décembre 2023 pour son implication dans les massacres de Kishishe (novembre 2022) et autres atrocités .
- Nations unies : sur la liste du Conseil de sécurité depuis février 2024 pour entrave au processus de paix et violations du droit international .
Les circonstances de sa fin tragique
L'opération militaire s'est déroulée aux alentours de 2h-3h du matin, dans la zone de Rubaya, territoire de Masisi, une région stratégique qui abrite la plus grande mine de coltan du pays, sous contrôle rebelle depuis 2024 .
Plusieurs sources concordantes indiquent que Willy Ngoma a été mortellement touché par une frappe de drone menée par les FARDC. Certaines sources évoquent également l'implication des miliciens Wazalendo, alliés de l'armée régulière . L'armée congolaise a officiellement confirmé sa "neutralisation avec succès" lors des opérations militaires, le qualifiant de "terroriste" .
Les FARDC confirment que le terroriste Willy Ngoma a été neutralisé avec succès lors des opérations militaires. Les FARDC restent déterminées à démanteler tous les réseaux terroristes et à restaurer la paix et la sécurité sur l'ensemble du territoire national.
— Communiqué des FARDC (via X)
Un tournant dans le conflit ?
Sa mort survient 13 mois après la prise de Goma par le M23 , et alors que des efforts de médiation (sous l'égide du Qatar et de l'Angola) tentent d'instaurer un cessez-le-feu . Pour les observateurs, la disparition de cette figure emblématique porte un coup dur au moral et à la structure de commandement du M23 . Les combats restent intenses dans la région, et le groupe rebelle n'avait pas officiellement confirmé sa mort dans l'immédiat, se contentant de publier une image noire avec un émoji cœur brisé .